Je prépare doucement le voyage au Vietnam. Depuis quelques semaines en fait, je suis avide de documentaires et de bouquins traitant de ce pays. Demain, je vais mettre à jour mes vaccins ( qui semblent déjà complets ) et demander conseils au médecin pour celui de la fièvre jaune. D’ici une semaine, j’aurais de plus amples informations pour la demande de visa et l’organisation du voyage. Il n’y a pas à dire: je suis excitée comme une puce!
Je n’aurais jamais été si loin et n’aurais jamais fait autant d’heures de vol (15 heures). Et surtout, je ne suis jamais encore partie avec une famille qui n’est pas la mienne. Je me jette dans l’inconnu. Je suis tellement heureuse que V. et sa famille me fassent confiance et m’emmènent découvrir le Vietnam. Dieu sait que les voyages sont ma tasse de thé.
V. et moi, c’est un peu une histoire d’amitié, simple, constructive et heureuse. On sait. C’est ça la différence avec toutes les amitiés que j’ai eu auparavant mais jamais, ô grand jamais, je n’ai été unie de cette manière là. Elle est moi et je suis elle: nous sommes étrangères et nous savons. Mais nous savons quoi? Tout de la vie ou presque, ce qu’elle renferme est dans les voyages et dans les désastres humains. Elle m’a donnée sa part belge, je lui ai donné ma part étrangère, et finalement, on ne s’assume que lorsqu’on est ensemble.
Je sais bien qu’elle va lire ces lignes avec un je-ne-sais-quoi qui donne les larmes aux yeux. Je sais aussi que j’ai envie qu’on se suive dans la vie, qu’on construise quelque chose, là-bas, quelque part. K. nous suivrait les yeux fermés, on monterait un truc, on changerait quelque chose, tu vois? Qu’importe le lieu, qu’importe le moment, c’est dans nos karmas!
Peut-être que vivre 3 semaines ensemble va nous tuer? Non, je suis sûre que cela sera pire au retour. Pire car j’aurai vu son autre visage, son autre vie, à l’autre bout de la Terre. Je suis prête à tout voir, à tout entendre, car tout ce qu’elle me montrera sera beau et sensible.
Un jour, quelqu’un m’a dit: “Tu es toujours heureuse avec V.” Et là, j’ai compris.
Il y a des choses que l’on se doit de garder précieusement au fond de son coeur, garder ce genre de moments et de projets pour rendre vivants les années que l’on a entre nos mains. “A quoi bon donner des années à la vie si on donne de la vie aux années?”