Bruxelles a du mal à sortir de l’hiver. Avril a connu la neige. Mars n’a pas connu plus de 60h de soleil. Les arbres ont du mal à bourgeonner et mon corps a du mal à sortir de sa léthargie hivernale. Juste, qu’aujourd’hui, et depuis hier, le soleil se montre enfin. Bien sur, des nuages tentent de le cacher, mais j’ai pris le risque de m’installer sur la terrasse pour étudier. A ma grande surprise, il fait bon au soleil et je me sens vieillie de 10 ans. J’ai le corps endormi et les articulations grinçantes à cause d’un hiver qui m’a endurcie. Depuis longtemps, je n’ai plus pris le soleil, hormis une ou deux occasions spéciales. Je sens maintenant tout le poids du froid qui retombe. Mes os se réchauffent un peu. Je prends quelques couleurs. En fait, je reprends petit à petit conscience de mon corps. Il est d’une blancheur à faire peur. Il est sec et gros, prêt à tomber comme une feuille morte. Les cheveux sont ternes, la peau du visage est grasse, mes veines se voient sur les mollets. Il y a quelques jours, en regardant une interview d’une journaliste basée à la Réunion, je me suis replongée dans ma vie saoudienne faite de soleil perpétuel. Je me suis rendue compte comment le froid peut rendre de mauvaise humeur, que le froid rend tout gris et laid. Vraiment, je déteste le froid. Il a suffi d’une heure de soleil sur la terrasse pour que je reprenne conscience de mon corps.